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Frac à Quatre (Répliques) – vues d’exposition (c) Pierre Schwartz

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Reading Space (photogramme)

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Les yeux du temps, série Reading Space, n°4 (vue d’atelier)

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« Hidden Dimension » (vue d’exposition)

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Ce que le voir peut dire

Si elles sont à voir, les images ont aussi des choses à dire. En cela, elles peuvent bien agir comme des adresses, des objets à lire. A ce propos, Emma Cozzani conçoit des formes visuelles qui, pour certaines, usent d’une parole sans bavardage, par extraction d’indices prompts à produire une manifestation discrète (graphique, fixe ou en mouvement), tandis que d’autres formes (sonores ou performées pour de récentes tentatives) font aussi image par ce qu’elles donnent à voir et à entendre (un corps, une voix), peut-être même à entendre-voir.
Puisque les outils du langage contiennent, à cet égard, les conditions d’existence de représentations sous-jacentes, latentes, à venir, de ce qui est énoncé (un récit, une description, une intention, une abstraction même), peut naître assurément une représentation. Ce faisant, de cette projection visuelle, l’œuvre fonctionne comme une zone à partir de laquelle s’opère une traduction : ce qui est lu, peut être imagé, vu, mais aussi perçu, et plus encore déchiffré en fonction de l’incertitude du chemin qui existe entre la formation d’une image – son information – et sa désignation.

Aussi, le langage visuel développé en rapport aux sources premières sollicitées (des graffitis sur un bloc de papier, un texte de Marguerite Duras, un épisode mythologique, etc.) produit un effet de trouble dans la reconnaissance de ce que l’image, in fine, contient comme signes d’identification, de lecture, de compréhension, et éventuellement d’élocution : c’est là, souvent, que se produit paradoxalement, tantôt un bruit, tantôt un silence car si ce que l’on voit devrait pouvoir se lire, et s’entendre donc, il apparait parfois quelque résistance au seuil de ce qui se forme devant les yeux et au bout de la langue. […]

C’est donc dans une ambivalente présence qui frôle l’absence, que les formes que développe Emma Cozzani vont au-devant de la perception sous l’impulsion d’un regard préhenseur : telles des figures familières et aussi vives que des revenants.

Mickaël Roy